On the road again

Une porte s'ouvre sur l'Afrique

Le Cap vert : une porte s’ouvre sur  l’Afrique

 

Petit pays africain au large du Sénégal.

Sao Vicente :  Mindelo :Le mouillage le plus paisible de l’archipel.  

Mindelo sera notre premier port d’attache. 

 

Petite ville portuaire au couleur de ville africaine.  Son histoire se découvre sur les visages métissés de la population, née de la rencontre de plusieurs races: héritage afro-portugeais et des bateaux de passages laissant derrière eux une descendance qu’ils ne verront probablement jamais.

 Le cœur de la ville bat dans les rues de Mindelo :c’est là que tout s’y vit.  Sans pudeur, sans  façon, chacun y fait son marché; marchand de babioles, de légumes ou de fruit,  passant, négociant, femme portant un sac de 20kg sur la tête, vieillard assis sur le perron d’une porte, mendiant au pied de l’église, cireur de chaussure, regroupement d’homme tapant la carte. 

C’est cela la vie d’ici.  La rue grouille, chante, les moteurs crient, les radios grésillent. 

Les enfants sont surpris.  Flore est étonnée de voir des personnes habitant le trottoir, dans le sens qu’ils y cuisinent, y dorment et y palabrent le restent de la journée.

Chaque jour, nous retrouvons cette femme âgée assise sur le trottoir, ayant à ses pieds nus un petit panier de bonbons.  C’est  sa vie, son métier qu’elle porte avec dignité.

 

Mindelo est aussi l’enchantement des musiciens, des danseurs et des  poètes.  Elle est  la ville de la diva aux pieds nus : Césaria Evora, qui nous chante le « Sodade » de son peuple. 

Dans ce sens, il nous a paru évident que les enfants intègrent une école de danse locale pour emboîter le rythme de ces enfants.  Les Cap verdiens diront que leur danse est à l’origine du tango brésilien.  Elle se danse à deux, sans contact physique, comme un combat d’art martial sur le rythme des percussions. Les enfants sont envoûtés et Edwige annonce qu’elle ne veut plus arrêter.  Ils y iront un soir sur deux.

 

Nous pouvons facilement entrer en contact avec les habitants étant donné qu’un grand nombre des pêcheurs sont sénégalais.  Nous découvrons que beaucoup d’entre eux ont de la famille ayant émigré dans un pays d’Europe afin de pouvoir soutenir la famille du Cap Vert.

La contradiction de ce peuple et à la fois son génie et sa source d’ouverture d’esprit sont tout entiers résumés dans une maxime souvent citée sur ces îles : « Devoir rester et vouloir partir, devoir partir et vouloir rester ».  Le climat aride et les sécheresses successives ont été les raisons de ces émigrations.

Quel bonheur pour moi de retrouver l’Afrique, de retrouver son dénuement d’artifice, sa vérité exposée, sa simplicité et son enracinement.

 

Santo Antao : Notre coup de cœur du Cap Vert

 

Nous abandonnons quelques jours  notre bateau à Mindelo pour rejoindre l’île de Santo Antao.  Quel bonheur d’enfiler nos chaussures de marche et d’aller à la rencontre de l’habitant.  Quel temps magique.  Quel joie de se retrouver avec les enfants dans les transports publiques, s’insérer dans la vie de tout un chacun et emprunter les sentiers des paysans. 

 

Le Nord de l’île de Santo Antao est vert, la nature y est généreuse.   Les vallées s’y multiplient.  Les vues sont insolites.  Les routes et sentiers sont fait de pierre et s’accrochent au flanc ou sur les crêtes des montagnes vertigineuses.  C’est tout à fait spectaculaire. 

Emergent dans ces paysages vallonnés des petits toits de paille, des maisons de pierre.  

Cette île va continuellement nous surprendre par la splendeur de ces paysages, par ces cultures de bananiers, de maniocs, de canne à sucre et surtout par la gentillesse de ces habitants.

Nous nous laisserons emporté par ces sentiers comme par un torrent.  Ils nous mèneront à travers villages, hameaux et champs. Nous descendrons un sentier, tout à fait spectaculaire, accroché à un versant d’un cratère, la Cova.  Il compte plus de 77 tournants.  Flore, Céline , Baptiste et Ghislain furent portés ou emportés par ce sentier qu’ils dévaleront.  Nous nous arrêterons quelques heures plus tard dans un village pour y trouver une chambre chez l’habitant et y sentir , goûter l’atmosphère du village et prendre le temps avec nos hôtes. Ils seront pour nous bienveillants et si accueillants.  Nos enfants rejoindront les enfants du village. 

 Ces habitants dégagent un sentiment de sérénité.  J’emporterai avec mois deux images représentant la vie communautaire de ces paysans:

 

Celle des merceariats :  petite boutique rudimentaire dans une  ou deux maisons du village.  Elle sera le garde manger des habitants. 

 

 En prenant le temps dans une de celles-ci, j’y ai vu défiler des enfants venant prendre une poignée de pâte, un bol de riz à cuire, un demi-verre d’huile, une homme y viendra prendre un verre ou une cigarette.  La tenancière semble aussi jouer un rôle sociale.  La mercearita est à la croisée de chaque maisonnée du village.

 

La place public : Chaque village ou hameau contient une ou plusieurs places publics sur lesquels se trouvent des bancs et 2 à 3 tables de jeu.  A la Ponta do Sol, une place surplombe le port du village et là se trouvent 4 tables de jeux, dont une d’un jeu de dame plastifié fixé à la table.  Il y reste en permanence les jetons.  Ce qui permet à tout passant vieux et moins vieux, jeunes et moins jeunes de partager une partie.  Flore a pu y apprendre avec un enfant du village les premières règles de ce jeu et  faire équipe avec Céline pour des parties endiablées avec ces enfants.

 

 

Nous passerons une matinée dans une classe de première primaire.  Nous leur expliquerons notre voyage, nous leur poserons beaucoup de question.  Ils nous laisseront des dessins sur leur vie.  Sur le grand tableau noir, se trouve des calculs avec le nombre 6.  A l’arrière de la classe, est suspendu une affiche représentant une alimention équilibrée.   Les enfants ont pu participer à des jeux de classe.  Flore nous dit « la seule différence avec l’école de chez nous est l’uniforme qu’ils portent ».

 

Après 4 jours fabuleux sur Santo Antao, nous revenons à Mindelo pour une semaine, juste pour encore goûter la vie de cette petite ville, de ses habitants.

 

Nous avons le cœur serré de te quitter Mindelo.  Nous garderons en mémoire tous ces regards si forts échangés, vous, les marchandes de fruits et de légumes,  l’école de danse et son professeur,  la bibliothécaire de l’alliance française,  ce petit marchand du mercado épuisé par son travail et tous les autres qui font que nous laissons une part de notre cœur là à Mindelo.  Nous reviendrons Mindelo et sachant que nous nous sentirons toujours un petit peu chez nous

.

Vendredi 18 janvier : nous accueillions Papa Everard à bord pour une semaine, le temps de parcourir avec lui quelques îles.

Quel plaisir de partager avec lui notre vie à bord mais aussi nos escapades à terre.

Nous nous arrêterons à l’île de Santa Luzia, île déserte accueillant des pêcheurs de passage, nous y jetterons l’ancre une nuit.

 

Nous passerons 2 jours à l’île de San Nicolao.  Nous garderons en mémoire une superbe ballade jusqu’à la vallée de Ribeira Brava.  Les sentiers nous mèneront à travers villages, hamaux, sur des routes en pavés où nous croiserons des enfants et personnes agées portant sur la tête des litres d’eau ramenés de la source. Cette ballade était un dimanche et oh combien chaque personne croisée avait vêtu son plus belle habit avec dignité.

Pour le retour, les jambes bien fatiguées mais le cœur remplis de sourire, de regard, nous avons pris un aluguer, transport public, pick up où nous nous installons à l’arrière.  Nous nous sommes retrouvé à 18, tant d’échanges, de rires. Quel souvenir.

 

L’île de Santiago, après une petite traversée de 24h00, durant laquelle l’écran de notre ordinateur nous a laché, nous avons croisé requins et poissons volants. Nous sommes arrivé à Praia, capitale du Cap Vert en fin d’après midi.  Quel déception en arrivant, aucun autre bateau de plaisance est au mouillage, seul des épaves et des cargos de marchandises.  Une baie peu accueillante !! 

Papa nous quitte bien fatigué mais je pense heureux de cette expérience insolite et intense.  Nous allons découvrir en ville des personnes d’une gentillesse extraordinaire.

Nous garderons comme souvenir de l’archipel la générosité de cœur des habitants, leur bienveillance sur nous et la beauté de ses îles.

  

Nous quittons Santiago aujourd’hui, ce jeudi 24 janvier pour le Brésil, une traversée d’une petite quinzaine de jour nous attend. Nous avons ouvert la carte de l’Atlantique avec les enfants pour étudier le trajet.  Nous arriverons probablement début février à Baya.  Les enfants sont enthousiastes !

L’aventure continuent.

 

Je vous laisse ici quelques expressions des enfants sur notre voyage et plus particulièrement sur l’Afrique.

 

«  C’était la première fois en Afrique. Il y a des dames qui vendent des bonbons, des belles choses, des bananes, des oignons dans la rue.  Un monsieur  était couché dans la rue.  Ce qui était très beau à voir, c’était les parents qui installaient une petite maison sur la plage.  La petite maison qu’ils faisaient avec leur barque, du bois et des caisses.

J’ai été à un cours de danse à Mindelo avec Céline et Flore et des petits enfants d’Afrique.  C’est la danse du cap vert.   J’ai dansé avec la musique mais la musique n’a pas dansé avec moi. ».

 

«  Tout le monde se connaît ici »

 

Edwige va se sentir petit à petit envahie par une responsabilité : celle de veiller sur le respect de la terre.  Elle a été fort interpellée de voir Aurélien, un Cap verdien, jeté devant elle une bouteille de verre dans la montagne ou à un autre moment, un homme jeté ses poubelles à la mer. Le soir, elle montera avec Céline un spectacle sur le respect de l’environnement et comment interpeller les enfants sur ce thème.  Depuis lors, avec Baptiste, à chaque fois que nous nous posons sur une place, les voilà à la chasse aux papiers.

Baptiste : « J’aime bien voir les dames qui portent un panier sur leur tête.  J’aime bien faire l’école sur le bateau.  Mon professeur s’appelle «  Nathdo ». J’ai construit pour l’école un bateau en carton avec papa. ».

Baptiste salue tout le monde dans la rue.  Il se sent chez lui.    

« J’aime bien la lune qui est drôle ici, la lune a atterri sur la montagne. » 

Nous avons été dans un aluguer avec Papa, maman, Céline, Flore et Papa, c’est comme une voiture et on est assis dans le coffre avec des africains.  J’ai un petit ami africain qui s’appelle Noon. J’essayais de l’attraper. « 

 

 Céline : « Le Cap vert est vraiment rempli d’africain.  Tout est très très différent de chez nous.  Les gens sont noirs.  On a rencontré Eloé, une fille du Mali.  Elle a dix ans.

A l’île de Santo Antao, on a marché dans la montagne.  Il y avait beaucoup de palmiers.  Sur le chemin, un paysan nous a donné un bout de canne à sucre.  C’est délicieux. On a vu des enfants et des parents avec leurs ânes qui portaient des bidons d’eau.  Ils faisaient plusieurs kilomètres à pied par jour de leur maison au puits.

Nous avons vu un banc de requins !! »

« Les gens sont vraiment gentils. »

  

 Flore : « Je suis étonnée de voir les métiers des personnes qui étaient différents : par exemple un monsieur qui mets des fauteuils dehors et qui cire les chaussures, les mamans vendent les fruits et légumes dans la rue, assises par terre et les enfants jouent aux même jeux que nous : Au football et à la marelle.  Je trouve que l’Afrique est un continent très très pauvre.

A Santo Antao, sur une île du Cap Vert, j’ai appris pour la première fois à jouer au dame avec un autre petit garçon et Céline aussi.  C’est drôle car là-bas, il y a des tables de jeu de dames sur une place et tout le monde peut jouer. »

  

On vous retrouve au Brésil.

   
Publié à 07:34, le jeudi 24 janvier 2008, Praia
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