On the road again

Traversée de Praia de Santiago à Fernando de Noronha

24 janvier au 2 février : traversée de l’Atlantique

 

Départ  à 13h00 de Praia, capitale du Cap Vert. 

 

Nous prenons la direction de Salvatore de Baya, cap 215.  Les grandes courses sont clôturées sous les bons conseils  de monsieur  Arlindo. 

Les amarres sont lâchées.

La traversée est encore qu’une idée, construite aux parfums de notre imagination et des récits.

Nous partons avec candeur.

Est-ce que nous quittons,  est-ce que nous nous éloignions de la terre ou, plutôt, nous rejoignions une autre terre. 

Dans quel sens orienter la pensée.

Regarder vers l’arrière ou vers l’avant. 

Petit à petit, les heures et les jours avançant, la réalité s’impose à nous. 

Nous sommes là au milieu de l’océan, en ayant comme appui  cet élément liquide fluide.

Nous sommes là en route vers l’inconnu, vers qui , vers quoi, vers les profondeurs, les Abymes ou les abysses de soi-même….  Qui va se réveler  en nous face à cette rencontre ? 

 

Ici la Nature est reine.  Nous sommes à ses dépends, que nous réserve-t-elle ?

Petit à petit le sens s’éclaircit, c’est tout simplement cela la vie, se tourmenter pour demain serait laisser le présent passé et ne laisser derrière soi qu’une trace d’un tourbillon  s’enfoncant  dans les profondeurs de l’oubli.

 

Regarder vers l’arrière serait ne pas percevoir le visage de celui qui est assis à nos côtés. 

La traversée est là pour nous enseigner à prendre le présent, accueillir ce qui s’offre à nous, prendre plaisir, tirer la force, l’émerveillement du souffle qui est là, de se réjouir du poisson pêché.

 

 

Nos réjouissances s’accumulèrent durant ces jours :

Nous avons dégusté  une daurade coryphène, un Wahoo.

Les dauphins sont venus nous saluer en faisant des tours sur eux-mêmes. 

Une baleine globicéphale a frôlé l’avant du bateau, Ghislain d’un coup de roue a pu l’éviter de justesse.    

Nous avons croisé une dizaine de cargo en route, parfois avec contact radio.

Ce sont des moments insolites, des rencontres fugaces, des petits moments de grâce.  Nous nous imaginions que les oiseaux annonçaient une terre proche.  Détrompons nous, ils nous ont escortés tout au long de notre route. 

A nouveau, des poissons volants sont venus s’échouer sur le pont du bateau.

Le pot au noir aussi était un mystère nourri de légendes et de récits.  Pour moi, ce fut un plaisir ce fut des quarts où je me suis amusée à aller cueillir quelques beauforts sous les grains, essayer d’adapter au mieux le génois pour récolter la plus grande puissance du vent.

Nous avons offert, avec beaucoup d'émotions, à Neptune la bouteille de vin de messe contenant souhaits et prières. 

La traversée fut aussi le passage de l’équateur.

 

Comme tradition  le veut, comme nous avions aussi de le fêter, le passage de l’équateur, fut une fête, chacun de nous était déguisé et nous avons fait un festin: roti, frites et comme dessert un gâteau au chocolat. 

 

La descente vers le Sud est aussi se confronter à une chaleur de plus en plus accablante.

C’est étrange car nous ne  décomptions pas les jours, nous étions tout simplement bien  durant cette traversée, c’était notre vie, notre rythme.

Parole aux enfants:

Baptiste nous raconte la traversée:

J'aimais bien quand on faisait l'école. La daurade était magnifique.  On a passé l'équateur.  Je me suis déguisé en léopoard. 

Céline nous conte:

J'ai mis la ligne et une heure après, on a pêché une daurade.  Elle était très très belle: verte, bleu et dorée. Elle fut aussi très bonne.

J'ai eu quelques fois le mal de mer.  C'est très gai quand on se met devant le bateau,surtout quand on a vu des dauphins et une baleine.  La baleine était juste devant le bateau, c'était vraiment impressionnant. J'aimais aussi quand maman me racontait l'histoire de Kensuké: C'est l'histoire d'un petit garçon qui est tombé de son bateau et s'est retrouvé sur une île avec un vieil homme.

Je remercie papa et maman d'avoir fait ce voyage.

Flore nous raconte la traversée:

 

Pendant la traversée, j'aime beaucoup car on fait tout nous même: le pain, les frites, la pêche.  J'aime bien la nuit car il y a toujours papa ou maman qui sont là  quand on a le mal de mer. J'adorais me mettre à l'avant du bateau avec Céline, Edwige et Baptiste. J'aimais bien que maman nous raconte chaque fois des histoires: le royaume de Kensuké.  J'adorais la traversée.

Edwige aussi nous partage ses impressions:

Je me sentais pas très bien, j'avais mal au ventre. J'aimais rencontrer des dauphins. Ils étaient très très beaux.  J'aimais regarder la mer.

Commentaire du capitaine:

Extraordinaire de vivre la traversée de l'Atlantique en famille, de nager avec presque 5000m de fond.  Vivre en autarcie sur le bateau: gérer l'énergie, l'eau.  Le sentiment d'être au milieu de nul part, d'être seul, complètement seul.   Un moment formidable fut la rencontre inattendue d'un bateau, sortant tout droit d'une bande dessinée, style Corto Maltès, juste à la proue du bateau, à 30 mètres.  Quel moment insolite.

 

 

 

Je terminerai le récit de  notre traversée sur un passage de mon journal de bord :

Une houle d’émotions

Combien j’ai aimé être capitaine de nuit, donner mes forces au winch pour adapter les voiles aux vents, pour trouver ce juste point de rencontre entre la forme, la tension de la voile et  le vent afin qu’il puisse y trouver appui avec tous ses noeuds. 

J’ai aimé combattre ces tensions, étudier le GPS, sentir le vent et la mer et m’y adapter.

Combien j’ai aimé aller à la cueillette des beauforts sous les grains du pot au noir, remplissant la voile de puissance pour contrebalancer ces calmes blancs.

Combien j’ai aimé cette rencontre, cette découverte des différents visages de la mer.  C’est une réelle et profonde relation intérieure qui se tisse et je n’ose imaginer qu’un jour je la quitterai, que j’abandonnerai son souffle mystique.

Combien j’ai été surprise par l’enivrement que provoque cette rencontre.

Cette rencontre est venue me mettre le lien entre chaque élément de la nature, même si mon passage n’est qu’à l’image de ces étoiles filantes venues rappeler l’éphémère.  J’ai ressenti cette unité.  Cette unité, ce moment de grâce n’est pas à chercher à la poupe du bateau mais là où les forces se rencontrent pour avancer.

Je n’attends pas l’arrivée.

Cette traversée sera pour moi avant tout une épopée intérieurre.

La traversée est aussi  rencontrer le temps dans toute sa générosité: des petits moments privilégiés de tendresse, de partage avec les enfants et Ghislain.

 

 

L'arrivée à Fernando de Noronha sera pour nous une escale, non une terre attendue car, elle aussi, tout comme l'océan, met la nature au premier rang.

Nous nous y arrêterons 4 jours pour rejoindre ensuite le Brésil après 3 jours de naviguation.

Quel bonheur d'entrer dans un Rio du Brésil...

 


Publié à 03:58, le dimanche 10 février 2008, Océan Atlantique
Mots clefs :


Quelques mots d'accompagnement...

18:44, mardi 12 février 2008 .. Publié par Florent Everard
Ce récit est superbe, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et à le relire. Cette ambiance me laisse sur ma faim de ces quelques moments passés sur votre monde miniature en votre compagnie. C'était entre Sao Vincente et Praia. Cette étape est lointaine maintenant. Des commentaires s'ajouteront, ils se construisent et trouveront leur chemin. L'Amiral interimaire.

les morel

10:16, samedi 23 février 2008 .. Publié par de alex (cousine)
cc vous me manque bcp!!!
CELINE super moment passer ac toi
tu est une fille plein de decouvertes je ne te connais pas encore assez bien pour dire plus!!!jtm
FLORE tu es une super aaventurière!!!
plein de sourires...tu me manque aussi
EDWIGEune petite fille qui voulais tout le temps aller dans mes bras...quand tu revienndra tu sera plus grande et tout changera!!pour une fille que j'aime
BAPTISTE toi qui aime jouer au foot avec moi plutard quand tu reviendras tu seras meilleure que moi plus de petit baptiste mais un grand garçon beau et fort !!!!!
NATHALIE toi qui aime tout personne toujours quelque chose de gentille a dire jamais vexée quelqu'un c'est tout a fait toi!!!!jtm aussi et tu me manque aussi comme tout le monde!
GISLAIN toi tu nous fait toujours rigoler tu es un parain parfait pour diego!!humour,consoler ,rigoler...
LA FAMILLE MOREL vous me manquer tous hyper fort!!!!!
GROS BISOUS ALEXANDRA

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