On the road again

En route vers Rio de Janeiro

En route vers Rio de Janeiro : navigation de 15 jours vers le sud avec un arrêt de 5 jours à l’archipel d’Abrolhos (réserve naturelle).

  

 

 

  

Derniers préparatifs : nous avons enfin trouvé une bonne ancre : Spad d’occasion.  Son poids et sa forme nous donnent des ailes...

 

Nous quittons Salvador de Bahia à 1a tombée du jour.

 

Ouf, ...il faut se réhabituer d’être remué par la houle, quand on a goutté à la quiétude des rios. C’est toute une démarche de reprendre le large et pourtant, … après quelques heures, c’est comme retrouver un ami oublié. Quel bonheur de naviguer au milieu de l’océan, de retrouver ce ciel étoilé, de se mettre à la cap.  

Toute l'équipe retrouve ses occupations ou ses fonctions.

Se mettre à la cap devient un des moments forts de nos traversées.  Plonger dans ce grand bleu, cet infini bleu.  C’est tout à fait magique, enivrant, tant le sentiment d’apesanteur, d’infini et aussi le plaisir  assez excitant d’y rencontrer un habitant des mers.   C’est notre capitaine qui devra, à chaque fois, venir  nous repêcher pour reprendre la route.

 

La mer nous a offert un barracuda, remplissant nos assiettes durant deux jours : à la poêle, au four, en gratin. 

Pêcher, je vous l’assure, c’est du sport.

 

 

Les ¼ de nuit seront intenses.  Les pêcheurs sont nombreux et ne sont pas visibles sur le radar avec leurs petits bateaux de bois. Le stress de Ghislain est de se prendre, tel un gros poisson, dans les mailles d’un filet de pêcheur en pleine nuit.

Néanmoins, les quarts restent un moment magique avec soi-même. Quel voyage intérieur de se poser à l’avant du bateau sous le ciel étoilé, là seule.  Petit à petit, le ciel étoilé devient notre toit. Je m’y sens chez moi. Carte des routes de nos ancêtres, des hommes du sable, des navigateurs et tant d’autres, toit de l’humanité,  nous te méconnaissons, tant la technologie moderne nous voile le langage de l’univers.  Et pourtant, tu as ton langage, tu nous indiques les saisons, notre position  et surtout  tu sembles nous livrer, sans t’imposer, le sens de notre finitude.

 

 Après 2 jours de navigation, Salvador, restera néanmoins, au loin dans la nuit, comme un soleil couchant.

  

Le samedi 30 mars, nous nous arrêtons à l’archipel de l’Abrolhos.

 

Situées à 70 km des côtes au sud de l'Etat de Bahia, les îles d'Abrolhos d'origine volcanique, ont été préservées et classées parc national.  Seule,  l'île de Santa Barbara est habitée.  Elle abrite un ancien phare construit en 1861, ainsi que les fonctionnaires de l'Ibama, l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables, responsable de l'administration du parc et des gardiens militaires. Au total, plus ou moins 20 personnes habitent l’île.  Une des plus importantes attractions de l'archipel est la plongée sous-marine. La visibilité sous l'eau atteint les 25 mètres et la température de 25°C.  Les îles reçoivent aussi des visiteurs occasionnels de qualités, tels que la baleine à bosse, les tortues de mer et d'oiseaux migratoires. La surface du parc national d'Abrolhos ne dépasse pas les 90 000 hectares.

 

Ce site est, à nos yeux, tout à fait exceptionnel.  Ce bijou de la nature semble méconnu.

Nous sommes seuls, là, à l’ancre durant 5 jours. 

Nous pourrons nous rendre sur l’île qu’en compagnie d’un gardien. Il sera par la suite notre compagnon de route durant 10 jours, Félip.

Combien l’effort donné à préserver un lieu de toute l’emprunte de l’homme est remercié par la nature !    Les oiseaux se laissent approcher, sans aucune crainte.   Une nature sans peur de l’homme, c’est saisissant, c’est émouvant.  C’est comme retrouver un équilibre perdu. Nous n’étions plus perçus comme prédateur mais comme des leurs.  

 

Tout au long de cette balade, nous étions accompagnés par des frégates avec leur physionomie préhistorique. 

Ce fut un moment magique. Flore appuyée sur une roche de balzac.

Ces îles seront, pour nous, surtout de nombreuses plongées à nous 6 : découvrir ces coraux « cerveau », ces poissons petits et grands aux coloris surprenants, ces tortues, ces raies, dauphins, c’est fascinant!  

Les récifs de corail peuvent atteindre ici des hauteurs de 25m. 

Voir les enfants s’émerveiller, se balader dans ces profondeurs ensemble,  voir Baptiste du haut de ces 4 ans s’enthousiasmer par un poisson à ligne, comme il les nomme, ou un poisson flûte. Ils viennent même se frotter à nous. 

Quel bonheur !  Les enfants semblent petit à petit acquérir une seconde nature. Ils sont comme des poissons dans l’eau.

Notre première nuit à l’archipel fut mouvementée.  Une tempête s’est abattue sur nous. Heureusement, nous l’avions pressentie et nous nous étions amarrés à un bon corps mort.  Néanmoins, étant donné que nous étions à quelques mètres de la rive, aucune erreur n’était permise.  Ce fut un quart improvisé par la météo.

 

Nous avons été rejoints par 5 barques de pêcheurs venues se réfugier sous l’île.  Les jours passants,  les responsables de l’île leurs ont permis de pouvoir attraper quelques chèvres, devenant trop nombreuses sur l’île, pour les embrocher et se faire un festin.  Ce fut la course sur mont et roche de ces pêcheurs essayant vaille que vaille d'attraper ces pauvres bêtes, le rire des spectateurs d’un bateau à l’autre rebondissait sur l'eau.  Cet épisode se termina en une bonne odeur de viande fumée.

 La veille de notre départ, le sergent de l’île principale nous fit l’honneur de nous amener à la nuit tombante au phare de l’archipel.  Phare de 140 âges fonctionnant toujours avec le même mécanisme, éclairant à plus de 30 miles.  Les enfants ont pu grimper en haut du phare par un escalier en colimaçon étroit, semblant sans fin.  Ils aideront  le sergent à allumer le phare.  Quel instant magique pour les marins que nous sommes. Flore, appuyée sur la vitre du haut du phare, espérait, par son ombre ,dessinée par la luminosité, effrayer les bateaux en route.

Ensuite, nous avons été invités chez la femme du sergent,  elle nous offrira, pour notre départ, 6 beaux poissons et, bien-sûr, un bon morceau de chèvre.

Nous quittons ce lieu magique  non plus à 6 mais 7….  A notre bord, Felip, océanographe, du sud du Brésil, venu effectuer un mois de recherche sur l’archipel. 

 

Nous l’emmenons avec nous jusqu’à Rio de Janeiro.  Il viendra nommer ceux que nous ne savions nommer, il  nous livrera quelques secrets de la faune marine, des coraux. Il nous fera découvrir la musique de son pays, le rythme qui l’habite.  Quelle bonne rencontre ! .

 

Après quelques miles au moteur, nous nous sommes arrêtés pour plonger dans le grand bleu.  Les enfants furent à peine remonter sur le bateau  qu’un requin baleine (6-7 m) et deux petits ont fait le tour du bateau.  Superbe, grandiose et impressionnant.

Nous continuons la route bien au calme, au spi ou au moteur, le vent dans le nez, le vent manquant. Le vent se montrera tout à fait imprévisible (n’est ce pas Xavier). Les quarts seront intensifs.  Nous devrons veiller  aux nombreuses plates-formes pétrolières ( dont le trafic maritime qu’elles engendrent) et  encore aux bateaux de pêche qui,plus d’une fois, longeront le bateau. Un chalutier en pleine nuit nous appellera à la radio pour demander de changer de cap pour éviter les filets de pêche qu’il traîne sur plus d’un demi mille ! 

 

Nous nous arrêtons deux jours, à Guapari: moments de courses épiques et rocambolesques.  C'est un lieu sans prétention, il est vrai, et pourtant il nous semble unique. C’est là que se révèle à moi : qu’importe le lieu, c’est la démarche que nous posons sur lui qui en fait sa beauté.  La vie est là en tout lieu. A nous de prendre ce temps pour la cueillir. 

Cette halte imprévue restera un souvenir coquasse, précieux.

En effet, la nuit tombante, après une demi journée de marche pour atteindre un "supermercado", nous voilà de retour vers le bateau, chargés comme des mulets (sac de course, litres de lait,...), nous avons traversé mangroves, plages tout à fait désertes  pour retrouver l'annexe tanguant sur les vagues. Ce que l'on en garde: du rire.

 

 

Nous naviguerons ensuite 3 jours pour arriver à Rio de Janeiro. 

 

Nous apercevons au loin le Christ du haut de son pic, nous accueillant bras ouverts à Rio.  Un silence s’impose en nous, impressionnée par ce que ce lieu vient nous révéler.

Nous viendrons vous conter cette rencontre fascinante avec Rio de Janeiro.

Demain, nous la quittons pour quelques semaines pour nous rendre plus dans le sud en direction de Parati, de l’ilha Grande, des chutes d’Iguaçu et peut-être du Pantanal.  Nous utiliserons les rencontres comme guide.

Si vous voulez avoir des commentaires de chacun des membres de l’équipage Génésis, vous pouvez nous suivre aussi tous les 15 jours sur le site de www.famidoo.be.

 

J’avais envie de vous partager, à chaque nouvel épisode de notre voyage, un passage du livre Génésis de Claude Nurdisany et Marie Pérennou dans lequel un griot africain évoque, avec le langage imagé des contes, la naissance de l’univers des étoiles, les débuts brûlants de notre planète, l’apparition de la vie.  Il parle du temps, de la matière, de la naissance, de l’amour et de la mort.

Voici :

 « Toutes les histoires ont un commencement.Le début de mon histoire à moi disparaît dans les limbes. Comme toi, comme nous tous, j’ai perdu à jamais le souvenir de ma naissance…Suis-je né le jour où ma mère m’a mis au monde ? Ou bien la nuit où mes parents se sont aimés ?  Et avant cet instant, où était ce qui allait un jour se réunir pour devenir moi ? Où était dispersée cette galaxie de dix milliards de milliards de milliards d’atomes qui allait devenir moi ? Dans quelle plante, quel caillou, quel animal, quel visage ont-ils migré avant de se retrouver en moi ?Et avant même qu’apparaisse la Vie, avant même que la Terre se forme à partir de poussière d’étoiles, où étaient-ils ? Où étaient ces morceaux de puzzle ?Mon histoire se confond avec l’Histoire de l’Univers… »…A méditer  

y


Publié à 05:53, le mardi 15 avril 2008, Rio de Janeiro
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Commentaire sans titre

10:21, mercredi 16 avril 2008 .. Publié par Anonymous
Quel merveilleux récit, je voyage avec vous, je goûte cette nature généreuse. Je suis tellement heureuse de pouvoir admirer vos belles photos. Vous êtes magnifiques tous les six ! Je vous embrasse d'une Belgique bien froide. Cecilia

Bon anniversaire, Ghislain!!!

10:04, dimanche 20 avril 2008 .. Publié par Denys
Amaury, Floriane et Amandine adorent votre blog!
Dommage qu'il n'y ai pas de photos des requins-baleines...
Nous pensons très fort à vous et nous suivont votre périple avec passion.

En revenant d'une autre île...!

22:40, samedi 26 avril 2008 .. Publié par Everard Florent
Quel beau voyage que de lire vos commentaires et ressentis, à notre retour des Canaries! Que de souvenirs remontent à ma mémoire! Les îles du Cap Vert ! Tous ces moments passés avec vous 6 sur ce petit esquif qui n'est qu'une tête d'épingle au milieu de l'océan. Et vous avez continué...et je suis en pensée avec vous chaque jour, je vous parle et sais que l'écho se transporte d'un nuage à l'autre, de l'écume d'une vague à la courbe d'une houle, et de l'une à l'autre jusqu'à vous, là où vous êtes ! Ecoutez bien, je ne suis pas loin et je vous protège. Je vous embrasse tous et Mamichou insiste pour se joindre à moi. Papa.

carlos brigitte francis valerie

21:23, mercredi 30 avril 2008 .. Publié par Anonymous
ouaw!!!!!!!!! qu'est ce que vous nous faites rêver!!! on aimerai tbien plonger avec vous!! les fesses nues aussi surtout carlos....!!! il testera en croatie en été.... avec les patoul....
on vous embrasse tous les 7 alors!!!! amitiés
nous 4


quel rêve !!!!!!!

09:06, samedi 3 mai 2008 .. Publié par Anonymous
incroyable, ces merveilleuses photos digne d'exploration du monde !!!!!! et les commentaires de Nathalie qui est une narratrice hors pair..... et quel voyage intérieur !!!!!
j'attends avec impatience la suite de vos découvertes pour rêver ......
kiss à tous Monique de Sch.maman de Miguel

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