On the road again

Rio la merveilleuse

Rio de Janeiro :

 

 

 

Quelle délicate démarche pour moi de décrire en quelques mots une ville comme Rio de Janeiro.  Ce  lieu me semble être un lieu innommable, à l’image du Christ Rédentor, là haut sur le mont Corcovado,  bras ouverts (non sur la croix...).

«  Regarde maman » me dit Edwige.  Jésus est ressuscité, il monte au ciel. » La magie était là ; le Christ était  dressé au dessus des nuages.

Quelle émotion.

Ce Christ de  38 mètres de hauteur, érigé sur le mont Corcovado de 710m de haut, rappelle que le Brésil est le premier  pays catholique au monde.   Les églises de Salvador et Rio en témoignent ; des églises baroques spectaculaires, dont celle-ci « Eglisa de Ns de Candelaria , datant de la fin du 16ème siècle, attribuée à un capitaine de navire rescapé d’un naufrage. 

Le plafond de la nef est orné de six  grands tableaux  donnant une version de la traversée de ce capitaine. 

Pour les enfants, c’était un émerveillement sans nom devant la richesse et la beauté de ces lieux (le Calcaire provient de Lisbonne).  J’aime observer chez nos cherubins  leurs sentiments pures devant des œuvres artistiques.  Des jugements si justes.

Comment décrire cette ville abritant plus de 6 millions d’habitant.

Nous arrivons dans ces lieux, habités d’appréhension : immensité, violence, insécurité. Et l’impression fut toute autre. 

La baie de Rio, malgré son nombre impressionnant d’habitants, se bâtit autour et sur des moros, ces petits monts  qui viennent délimiter les quartiers, les zones de la ville.  Seule, la vue du haut du pain de sucre, offre une vue panoramique sur la ville, donnant le sentiment de tenir Rio au creux de la main. Rio, c’est la mer à la montagne, c’est la jungle urbaine sur fond de la forêt tropicale entourant la ville de ses lianes et ses racines gigantesques.   

Le premier sentiment ; les éléments naturels restent les maîtres des lieux : les monts, la végétation et la mer semblent dominer, enlacer  les monts de pierre, de béton et de brique.  En pénétrant dans la ville, dans ces bus fous (il faut s’accrocher et crier victoire quand nous arrivons sain et sauf à destination), nous découvrons des avenues, des quartiers aérés, arborés, des trottoirs larges, des rues piétonnières, des sentiers serpentant les rives de la baie où courent les joggeurs du matin.

   

Dans le centre ville, nous nous sentions en sécurité, libre pour découvrir les joyaux historiques qu’il détient :  ses quartiers témoignent des périodes fastes de l’histoire, ici, la confeteiria Colombo, style Art Déco, vitraux et miroirs dorés provenant de Belgique, un arrêt s’impose.

  Arrêt dans une libraire pour enrichir notre bibliothèque de bord : nous ré alimenterons nos livres de conte : Vingt mille lieus sous la mer, Le tour du monde en 80 jours, La bête humaine,…. Flore parcourera les rues en compagnie de Jules Vernes. 

  Le Tour du monde en 80 jours.

Au bonheur des enfants, et je dirai aussi particulièrement de Ghislain, Rio sera aussi la visite d’un sous marin.

Ghislain, en un instant, retrouve l’enfant qui l’habite et court d’un poste à l’autre du sous-marin, s’y imaginant à mille lieus sous la mer.

   

Rio, la merveilleuse, est pleine de contraste.  Se croise le petit marchand d’allumette pieds nus dans la rue, l’homme d’affaire dans son trois pièce, un homme endormi derrière un banc, des jeunes  tee-shirt troué aux regards noirs, une femme élégante, les cheveux attachés faisant claquer ses talons aiguilles.  Nombre de fois, des hommes ou femmes sont venus à nous pour nous mettre en garde, nous dire de bien tenir les enfants, de ne pas rester dans ce quartier.  Toujours des messages bienveillants et aussi montrant le climat dans lequel les personnes vivent.

Paradoxe, encore ; nous nous sentons vraiment heureux  en sécurité en parcourant  certains quartiers de Rio, le centre, Botafogo (quartier élégant abritant des immeubles styles belle époques, patinés par le temps),  Sainte Thérésa ; (le quartier plus bohème de Rio, les restaurants chantent au rythme des sambas, jazz ou blues),  et pourtant, nous sommes conscient d’être à  un morros des favelas, qu’un décor flamboyant cache la misère et parfois les cruauté des favelas.. Le bruit, le rythme, le dynamisme de la ville rendait sourd les cris de détresse des favelas.  Il est difficile d’imaginer que quelques centaines de métres de  nous meurent des hommes, des enfants abattus par des rafales de balles (les photos sont irrespecteuses dans ces quartiers). 

Que de contraste de lumière et d’ombre.

J’ose espérer dans ce drame humain des favelas  que la nature puisse être un baume, une porte verte ouverte sur des lueurs d’espérance.  La force paisible que dégage la baie de Rio s’offre à tout homme voulant y gouter en y déposant son regard. 

                                

Ce Christ, là- haut, illuminé le soir, visible des 4 coins de la ville, est le gardien de chacun. Il semble être un père veillant sur ses enfants.

 Oh combien j’espère qu’il puisse apporter du redoux, de la consolation là où il y a violence ou incompréhension.

Pour moi, pour nous qui nous réveillions chaque matin entre le pain de sucre et le Christ, quel que soit notre jour, notre humeur, j’ai ressenti tout ce que peut offrir ce Christ là haut. Croyant ou non croyant, c’est un témoignage de sérénité, d’espérance, de force pour tous.

 

 

Rio invite tout particulièrement l’étranger à plonger dans les récits de son histoire.   L’histoire de la région est passionnante ; les indigènes et leurs croyances, l’enthousiasme  de Amérigo (Amérique) Vespucci en découvrant la baie de Rio et ses îles, l’affreux combat d’intolérance entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde,  l’empreinte d’homme objet « esclave », l’arrivée de la royauté portugaise à Rio, l’indépendance sans arme(demander par le fils du monarche portugais, San Pedro), le développement grâce à la cane à sucre, les mines d’or et des plantations de café, la  richesse de terre, des pierres et aujourd’hui toute la controverse d’un pays si grand ne pouvant pas prendre, dans le train de l’essor, tous les passagers.  Ceux restant sur le quai vivrons de petits métiers, d’autre tomberons dans une autre forme d’esclavagisme ; esclave d’un autre despotique, de couleur et de prix : la drogue.

  

A Rio, nous aurons la chance de pouvoir nous amarrer à une bouée du prestigieux yacht club de Rio (à un prix tout à fait familiale).  Club  élitiste au accès  limité.  Nous aurons la joie d’avoir un peu de luxe, de bonne douche chaude, de bons canapés, un lieu prestigieux fréquenté par des dames du monde ; un soir elles se retrouveront autour d’un piano, chantant des mélodies de leurs voix tremblantes ;  semblant, à mes yeux,  remonter à leurs lèvres  les  émois de leur vie.  Quel moment de toute beauté.

 Nous y avons profiter  pour donner notre linge à laver dans une lavandaria.  Quel bonheur. Vous ne pouvez pas vous imaginer la joie de voir ces trois sacs de linges partir sur lesquels je ne devrai pas poser la force de mes bras, pour essayer d’y retirer des tâches.  Hasard des hasards, nous y rencontrerons  Anne-Catherine, belge, amie de bons amis. Elle nous invite à passer une soirée chez elle. 

 

Les enfants tout heureux de rencontrer d'autres enfants parlant français, de se retrouver dans une maison ,assis à table. Quel moment magique. Et cela ne sera pas la dernière avec Anne-Catherine,…

Nous rencontrerons aussi au Yacht Club, Jean-Louis un français, ancien instituteur ayant enseigné au Martinique et dans une des îles du Pacifique pendant 18 ans, ayant comme logement son bateau

Aujourd’hui son projet est de continuer sa route sur l’eau en faisant du charter.  Pour ceux que cela intéresse, nous faisons le relai avec plaisir.

Rio sera aussi pour nous les "adios" à notre ami Felip. Bonne route à toi, Félip.

Nous quittons Rio pour quelques semaines pour descendre vers le Sud. Nous vous revenons très bientôt vous partager, vous conter comme la terre est une belle et grande Dame.

 

 

Deuxième passage de "Génésis"

 

"Au commencement des commencements, à l’origine des origines…il n’y avait rien.

Je ne peux dire « en ce temps-là » car le temps n’existait pas.  Je ne peux dire « dans ce pays-là » car l’espace n’existait pas…

Soudain, ce vide accouche d’un minuscule œuf d’énergie et de matière…C’est la naissance de l’espace et du temps…

Ce bébé-univers se dilate à toute vitesse, enfle comme une gigantesque citrouille. D’abord, la pâte de l’univers est lisse et uniforme.  Puis apparaissent les premiers grumeaux, de simples nuages de gaz, qui deviennent les galaxies…

…Dans ces galaxies naissent des étoiles, chaudrons ardents où se forment tous les atomes dont notre monde est fait.  Ces minuscules graines de matière se disséminent comme poussière au vent et ensemencent l’espace.  Les atomes qui feront les nuages et les montagnes, les papillons et les tigres, les fleurs,…et nous-mêmes...et plus de chose que ma bouche peut dire…

Dans un coin de l’univers, comme un nuage de lait dans le noir du vide, se forme une grande galaxie, la Voie Lactée, une pépinière de cent milliards d’étoiles.

C’est dans une lointaine banlieue de la Voie Lactée que naît la planète Terre .  Elle grandit en grappillant les miettes laissées par une étoile toute neuve, le Soleil.

La jeune Terre est brûlante comme un plat qui vient de sortir du four.

A ses débuts, la Terre n’est pas la terre.  Il n’y a que le feu… C’est la planète Feu."...

 

    
Publié à 08:51, le mardi 6 mai 2008, Rio de Janeiro
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