On the road again

Sud du Brésil

Le Sud de Rio, ses baies, ses îles et Parati. (d'autres photos sont à venir)

 

  « S’il en est, en quelques endroits sur terre, un paradis terrestre, je pense qu’il n’est pas loin de ces régions » écrit Amérigo Vespucci, en 1501, dans Mundus Novus.  

Prendre ce temps dans cette région du Brésil est toucher au paradis perdu, toucher à toute la splendeur de la terre, de la nature, ici, gonflée de vie, ne vivant sans aucune carence.  La végétation du Brésil, ses paysages, ses abords de mer fait écho en moi à la terre dans son état originel : la végétation y est abondante, les papillons semblent être oiseaux, les arbres, livres de la Création, l’eau jaillit de la terre.

Est-ce ici le jardin d’Eden ?  

 

Nous voilà vivant d’amour et d’eau fraîche : l’expression est si juste. Ghislain part, le matin, à la pêche au harpon avec Silvio. Je rejoins la plage à la nage avec les enfants, comme une cane et ses 4 canetons piallant (petit moment que je chéris tant, mon instinct maternelle est luxuriant ici, que c'est bon). Vers midi, j’amène à la rame (le moteur serait un élément perturbateur) les plats accompagnant les poissons ramenés par Ghislain et Silvio (murène et ….) Nous  préparons le repas sur la plage avec Cica (femme brésilienne en voyage depuis 3 ans), la vaisselle dans l’eau de source, chasse à l’arc pour les enfants, lavandaria dans la source.  Retour aux gestes premiers.

Le soleil, se retirant,  déchargent nos batteries de sa source, nous nous endormons dans un silence complet.  Le mat du bateau semble tenu par un doigt invisible.  C’est tout à fait incroyable, nous  n'entendons aucun clapotis sur la coque du bateau.  Un silence présent, un silence  plein.  Je me réveillerai juste pour le rencontrer, pour le connaître.

 Se réveiller le matin par le chant de ces oiseaux, c’est un réveil tout en douceur, une mélodie, une expression de la vie donnée en partage, une vibration de la vie qui en moi semble réunir la vie dans tout ce qu’elle est.  La nature est prolongement de nous-même. Je lis autrement aujourd’hui  le passage dans Rouge Brésil reprenant les croyances des indiens du Brésil : « Tout est sacré, pour eux, les fleurs, les rochers, les eaux qui courent dans la montagne.  Une infinité d’esprits habitent et protègent les objets, les paysages et les êtres.  On ne peut rien toucher qui ne délivre ces forces et limite le mal qu’on peut faire au monde. »

 L’auteur reprend la pensée d’Averroes «  L'âme humaine singulière émane de l'âme universelle unifiée »

C’est vraiment ici, dans cette partie du  Brésil que je ressens oh combien cette unité, ce même cœur bat au sein de la nature et de moi-même.  Ma demeure n’est pas en un lieu, elle est là où est la vie, là où la nature s’exprime.

Nous irons comme une abeille butiner sur chacun des îles leurs parfums, la force de ces arbres, d’un diamètre impressionnant.  J’aime les caresser, écouter leurs histoires.  Les enfants s’assieront à leur pied comme sur les genoux d’un vieux sage.  Une rencontre.

Nous entrerons après 10 jours de vagabondage à Parati. 

Village ancien, vestige superbement préservé de l’ère coloniale, lieu où transitaient hommes et marchandises , en particulier  les mineurs rejoignant l’intérieur des terres et l’or embarqué vers l’Europe.  La gloire du Parati sera de courte durée, une route plus aisée reliera les mines d’or.  La magie de ce village : il est adossé à des montagnes escarpés, ressemblant à un paysage suisse.  Parati est composé de maisons blanches bordées de couleurs vives.  Les ruelles sont faites de gros pavés.  La marée montante, l’eau pénètre les rues.  Les habitants retroussent leurs pantalons, les chevaux sont les seuls à affronter l’eau de face, souvent, je trouve, contre leur gré.  L’ambiance y est très pausée comme si la mer y laissait sa force paisible en se retirant.

 

Pour nous, Parati sera des rencontres.  Dès la descende du bateau, les enfants, pinceaux et blocs de feuille à la main, iront s’installer auprès de Grino, de Claudio, tous les deux peintres, pour apprendre leur technique. 

Grino deviendra leur professeur de la semaine.  Alberto, sculpteur, nous invite à venir travailler avec lui la terre sous la méthode indienne; les outils sont des noix de coco et  des feuilles de maïs. 

Parati sera la rencontre de Yara et Richard ( des soirées mémorables, oh combien on était bien ensemble), Philippe, Françoise, Maria,  Jean et Caru.  Jean et Caru nous proposerons de venir poser pied à terre dans leur maison pour quelques jours.  Nous viendrons nous plonger dans l’ambiance de Parati, faisant de la vie en rue, notre jardin, le fauteuil pour lire ou se reposer, le seuil de la porte.  Parati est pour nous le tournage d’un film sur l’arrivée de la famille royale portugaise ,il y a deux ans.  Nous replongeons dans l’histoire, les enfants suivent passionnément les scènes. Parati est aussi le temps de la fête de la divinité, fête de 10 jours célébrant les Saints.  Le lien social du village est fondé sur leur foi. C’est impressionnant. Je reviendrais plus longuement  à vous pour vous conter ces festivités.. 

Nous quittons Parati ce soir en bus à 23h00 pour prendre la direction de Sao Paulo.  Nous rendrons ensuite aux chutes d’Iguacu et  Pantanal

 

Troisième passage de Génésis :

 « Maintenant les roches en fusion se sont refroidies et la vapeur du ciel se déverse en déluge sur la terre en créant les mers.  Une pluie continue pendant des milliers d’années.La planète Feu devient la planète Mer.Mais l’eau de ce déluge, qui a rempli les océans et fait couler les fleuves sur la terre encore fumante, n’est pas un corps comme les autres.  C’est un chaos sans forme, capable de toutes les formes,…C’est le liant universel, la sauce qui permts tous les mélanges, favorise toutes les combinaisons.Grâce à cet Elixir (j’y ajouterai aussi grâce à  un souffle divin), la matière a suivi sur la Terre une voie aventureuse.

Dans de petits creusets chauffés par le soleil, gorgés d’eau et de sels, se forme une sorte de soupe chaude, la soupe de nos origines… »


Publié à 02:15, le lundi 12 mai 2008,
Mots clefs :


Un rêve qui se réalise

10:02, jeudi 15 mai 2008 .. Publié par philippe vaes
Ton reportage personnel et varié dans ses considérations tant géographiques qu'intérieures, corps,coeur et esprit, est édifiant et invite à explorer toujours davantage le monde où nous vivons. Bravo Nathalie et bonne continuation à vous tous au bout du monde.

Commentaire sans titre

10:25, mercredi 21 mai 2008 .. Publié par Cecilia
Quel bonheur de lire votre récit, il me fait vibrer. Ce sentiment d'Unité avec notre Terre Mère est unique et je souhaite à tous de le vivre un seul instant, c'est d'une richesse incroyable et nous permet de continuer son chemin en sachant que cela existe réellement. Revenir à cette sensation, cette plénitude quand les petits soucis de la vie quotidienne nous envahissent. Merci Nathalie, tu es une perle. Bises à vous 6 de Cecilia, Jay, Alex et Marc

Merci

21:17, lundi 26 mai 2008 .. Publié par Patricia Sherman
Nathalie, Merci pour ce cadeau que tu nous offres. Le récit de votre voyage est magnifique ! Et cette terre qui est la nôtre nous fait rêvée ! Je vous embrasse tous bien fort, Patricia

Clin d'oeil à mes petits "Morel"

21:52, mercredi 28 mai 2008 .. Publié par Anonymous
Maman les ptits bateaux qui vont sur l'eau....
Mais oui le vôtre marche et il n'a pas seulement des jambes il a aussi un coeur qui bat et des yeux qui écoutent les rumeurs du Monde.Pendant que vous glisser sur les dentelles de la mer , moi je hisse le spi de mon bateau intérieur pour me glisser dans les brumes et les embruns et les couleurs de vos découvertes...et ..me croirez vous si je vous dis que j'en suis tout éclaboussée.?
Merci pour ces fabuleux rafraîchissements.YM

Commentaire sans titre

17:04, vendredi 30 mai 2008 .. Publié par Marie-Alice
super, quel bonheur de lire vos aventures. C'est même pas trop bon pour le moral. Entre courriers aux créanciers et requêtes au Juge de Paix, on essaie de garder ses motivations au boulot... Bien le boujour aux enfants et profitez de chaque instant. Gros bisous du super Nv 150!!

merci la vie

14:19, dimanche 1 juin 2008 .. Publié par denis vdm
merci pour ces mots ces photos amitie denis

Un autre monde....

16:20, lundi 16 juin 2008 .. Publié par Florent Everard
Un saut de puce géant, d'une rive à l'autre, d'un continent à un autre! Vivre un autre temps, une aventure humaine...! Simplement, Nathalie & Ghislain et leurs 4 enfants. Du 26 mai au 12 juin 2008. Les contraintes modernes laissées au fin fond de sa mémoire. La réalité du passé redevenue présente. Le temps réglé par le lever et le coucher du soleil. Pas de montre, pas de sablier,...seul le soleil qui se promène dans le ciel, de temps à autre, timide, il se réfugie derrière un nuage plus blanc que blanc. Quatre frimousses m'accueillent à Paraty, à 250 kms au sud de Rio.Le voyage en bus Costa Verde, un rêve, tout au long du trajet, sur la gauche, des percées paradisiaques vers l'océan, au travers d'une végétation vert-sombre, qui vous attirent vers l'infini des bleus de la mer et du ciel. Au loin, ils se confondent et se marient.Paraty m'enchante. Les retrouvailles d'abord. Les mots s'emmêlent, les souvenirs s'entrechoquent, les regards redécouvrent les visages aimés et les gestes tendres. C'est la ruée vers "Génésis" le vaillant coursier des mers.Redécouverte de ce lieu de vie. Petit, mais chaleureux. Chaque chose y a sa place. Chacun tient à sa place.Il est 16h.Me voici installé. Paraty, le temps s'est arrêté. Les rues englouties à marée haute, libérées à marée basse.Cette ville respire les parfums oubliés de la nature . Les vieilles pierres racontent à celui qui écoute, le bonheur de vivre et de voir vivre. Chacun fait partie du paysage et la vieille église caresse de son ombre les quelques passants qui l'approchent.Petits métiers, petites gens, petits bonheurs à nuls autres pareils. De vastes pierres inégales, reliques du passé, tapissent les rues assoupies sous le soleil. Les seuils rehaussés des portes se défendent avec succès contre la montée des eaux. L'architecture portugaise imprime à chaque lieu, à chaque maison, une touche d'équilibre et de beauté, qui ne laisse aucun indifférent.Se perdre dans ces rues, s'arrêter, regarder, contempler, écouter le silence qui murmure à voix basse. ....Petite suite, très vite, j'ai tant de choses a partager.

Commentaire sans titre

17:30, dimanche 22 juin 2008 .. Publié par diego de schaetzen
salut ca va moi oui a biento diego

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