On the road again | |
Remontée vers le NordParaty-Ilha Grande-Rio-Cabo Frio-Buzios
Oh Brésil.. combien tu viens nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Avant de vous conter la suite de notre route, j aimerai compléter mes propos sur la découverte du Brésil.
En effet, le Brésil est un messager de force. Il nous livre les deux visages de la vie ; dans ses extrêmes et surtout sans retenue. Dans le sens où, d'une part, nous plongeons dans ce poumon de la terre où la nature semble se livrer sans pudeur du micro au macro, elle croît sans retenue. La végétation est exubérante. Nous sommes dans un émerveillement constant. Les enfants jouent avec candeur et respect dans cette nature abondante; ils se glissent et se fondent dans ces jardins d'Eden. Le peuple brésilien est à l'image de ces paysages: ils sont authentiques. Ils ont cette capacité de vivre le jour ; accueillir le temps présent, de se réjouir. D'autre part, le Brésil nous livre un message de détresse... Nous rencontrons, nous croisons des personnes devant déposer leur dignité pour leur survie. Comme cet homme, croisé au centre de Rio, accroupi dans la rue au milieu des passants, retournant un sac poubelle, le déchirant de ses ongles pour y fouiller comme le ferait un chien errant, de son museau. Quand il a relevé son regard, il était terne, sans don et sans appelé comme figé, éteind. Terrible. Je m'arrête à cet homme, témoin d une autre réalité du Brésil. Les habitations barricadées de barbelés, par crainte, par peur de l'autre en est un autre témoignage. Les contrastes des richesses emprisonnent, la drogue fait ravage et anéanti l'entendement de certains, le coût de la vie au Brésil et, tout spécialement, de la nourriture explosent, les fossés se creusent. D’une situation de crise naît pour certains la créativité; les rues sont peuplées de marchands de babioles ambulants, pour d’autres, la crise engendre l’errance et la violence. Nous sommes dans la rencontre constante de ces deux extrêmes, de ces deux réalités de la vie. Le Brésil nous pousse à sortir de ce doux cocon et oser regarder la vie dans sa formidable et aussi fatale réalité. Cette lutte constante entre la quête et le chaos. Nos émotions toujours au premier rang. Ces émotions sont nos messagers particuliers, nos informateurs, et même plus justement, nos enseignants. Revenons à notre route sur Génésis
Paraty ; « c’est fini et dire que c était le village de nos plus belles rencontres »: Artistes, acteurs, marchands, amis de route,...
Paraty, nous te quittons en accueillant notre passager de cœur Papa : Voici ses premières impressions :
"Un saut de puce géant, d'une rive à l'autre, d'un continent à un autre! Vivre un autre temps, une aventure humaine...! Simplement, Nathalie & Ghislain et leurs 4 enfants. Du 26 mai au 12 juin 2008. Les contraintes modernes laissées au fin fond de sa mémoire. La réalité du passé redevenue présente. Le temps réglé par le lever et le coucher du soleil. Pas de montre, pas de sablier,...seul le soleil qui se promène dans le ciel, de temps à autre, timide, il se réfugie derrière un nuage plus blanc que blanc. Quatre frimousses m'accueillent à Paraty, à 250 kms au sud de Rio.
Le voyage en bus Costa Verde, un rêve, tout au long du trajet, sur la gauche, des percées paradisiaques vers l'océan, au travers d'une végétation vert-sombre, qui vous attirent vers l'infini des bleus de la mer et du ciel. Au loin, ils se confondent et se marient.Paraty m'enchante. Les retrouvailles d'abord. Les mots s'emmêlent, les souvenirs s'entrechoquent, les regards redécouvrent les visages aimés et les gestes tendres. C'est la ruée vers "Génésis" le vaillant coursier des mers.Redécouverte de ce lieu de vie. Petit, mais chaleureux. Chaque chose y a sa place. Chacun tient à sa place.Il est 16h.Me voici installé. Paraty, le temps s'est arrêté. Les rues englouties à marée haute, libérées à marée basse.
"De Paraty à Rio, mais avant cela...? Notre lieu de vie,...96 m2 ! Notre horizon, le mariage du ciel et de la mer, au loin, très loin, là où le ciel s'effondre dans l'océan. Les habitants,...? Deux amoureux et leurs 4 moussaillons. Un invité,...? Invisible, pour ne rien troubler, je tentais de me faire petit au pied du grand mât. Quelques services a rendre pour se faire regretter au moment de l'"Au revoir"! Quelques complices de charme meublaient ces moments de présence avec tant de bonheur.
Par la suite, nous prenons la direction du Saco Mamagua : fjord de toute splendeur
Nous remonterons une rivière en annexe pour aboutir à une cascade….
un petit chemin dans la brousse…des voix au loin,… 4 familles indigènes vivent là, retirées de tout. Ils se fondent dans la nature. Ascension du Pain de sucre du Fjord de Saco Mamagua : sentiers de 2 heures tellement pentus que nous nous aiderons de corde et de liane pour se tirer dans cette végétation luxuriante.
Comment nos 4 chérubins sont arrivés-là? Ils nous impressionnent. C’est, à nouveau leur imagination, leur lien qui les portent vers l’avant et aussi, reconnaissons le, les encouragements et la force de bras de leurs parents. La vue sera notre récompense. Etre là à nous 6, surplombant les fjords de Paraty. Moments magiques ! Retour au bateau, découverte d’un village de pêcheurs avec papa comme compagnon de marche.
A ses côtés, le petit est grand et, surtout, la dignité de chacun est reconnue au travers de son enthousiasme.
Point de vue navigation : Coup de vent… Grand calme, c'est le menu du Sud du Brésil.
Nous aurons une toute belle arrivée sur Rio : remontée sportive jonglant entre un ris, grand voile et spi. Quel vent ! Rio, abordé, de mer est un luxe, dans le sens, où nous la rencontrons sur la quiétude de l’eau. Pourtant, non loin, dans le cœur de Rio, se cotoyent abondance, carence et violence.
Rio sera pour nous l’anniversaire de notre fils Baptiste, au pied du Christ Redemptor. Papa en écrira ces mots : les photos arrivent « Impression toute spéciale...Inattendu … Le Christ Redempteur ! Panorama somptueux. Symbole pour chacun de sa ou ses croyances. Infini de l océan…Sublime œuvre humaine…Démesure de la nature… Limite de l Homme....Illimité de l Intelligence…Confrontation du Bien et du Mal…Modestie retrouvée. Humilité oblige. Proximité du Ciel et de l Homme !Découverte de sa dimension intérieure et extérieure. »
Rio sera, aussi, l’anniversaire de Céline. Fêtée dignement. Rio sera quitter notre matelot de cœur : « Au revoir Papa, il était bon, à mon tour, de te mener à bon port ».
Laisser, à nouveau, pénétrer son regard par l’infini. Nous nous rendons compte combien découvrir un pays par les eaux est un privilège. Nous y entrons par une petite porte, discrètement, sans nous imposer.
Sur la route, par navigation de nuit, nous devrons trouver une faille dans la roche, un passage pour nous abriter. Un moment de précision, de travail d’équipe. Est ce que le Max Sea est suffisamment précis ? Les pêcheurs seront nos guides. Ils se placent devant cette faille pour y jeter leur filet. Le surlendemain arrivée sur Buzios, village de pêcheurs devenu un des hauts lieux touristiques pour les cariocas. C’est aussi un lieu affectionné par les géologues. Des roches ici sont les témoins de la Pangée, époque où les 5 continents ne faisaient qu’un. Nous mouillerons dans la baie des pêcheurs. Notre drapeau est un signal de ralliement des belges ; Philippe et Emmanuelle, venant d’ ouvrir un hôtel de grand luxe où la nature pénètre les chambres, nous invitent à bord de leur cargo terrien. Merci à eux pour ce bain de confort et de délices, Ghislain me laisse capitaine de Génésis pour 10 jours. Nous resterons donc 5 à bord. Les enfants iront à nouveau à la cueillette de talent. Sylvana sera la perle du bouquet. Elle acceptera de révéler aux enfants les premiers secrets du macramé Les enfants se rendent chez elle tous les matins.
Ils s y rendent heureux et en reviennent fiers. Nous l'invitons sur le bateau pour clôturer les cours festivement.
Pendant ce temps, je me ferai complice des pêcheurs ; touchés, ils seront, de voir une femme capitaine d’un bateau et d’un si jeune équipage. Nous palabrons ensemble sur un banc de bois, le regard posé sur leurs terres qu’est la mer.. Je suis en admiration devant ces pêcheurs ; partant affronter la mer ( souvent forte ici ), prendre de ses fruits à force de bras (à la rame). Nous aurons la chance et, je trouve le privilège, d être là lors de la fête de Sao Pedro: fête des pêcheurs. C est vraiment entrer dans le cœur de leur vie. Ils ont chacun repeint leur petite barque de fortune, habillé leur bateau de banderoles, de pousses de bambou. C’est dans ces moments là que l’on ressent comme la matière peut être le prolongement de l ‘homme. J ai surpris un vieil homme regardant avec tendresse son bateau. Il l’endimanchait pour ce jour de fête. Nous étions là, assis au milieu d’eux, spectateurs. Ils ont vraiment tout le mérite d être honoré ces pêcheurs. Une course de barque sera organisée.
Ils monteront, ensuite, tous dans leur barque; l’une ouvrant la route avec le Sao Pedro à la proue. Les chants, les sifflets et les fanfares rythmeront ce cortège nautique.
Nos projets se modifient : les villages livrent leurs secrets en y prenant le temps, en ayant le temps de s’asseoir sur le banc public. Nous pensons de plus en plus à poursuivre notre voyage sur terre en Amérique Centrale. L'Afrique sera pour nous un autre épisode. A vous, nous vous souhaitons un temps de vacances où les horloges sont rangées au fond des placards, que vous vous laissiez guider par la main de vos enfants, par de nouvelles rencontres, par un temps complice avec la nature.
Nous levons l'ancre ce vendredi 4 juillet vers les îles d'Abrolhos. C 'est là que viennent mettre bas les baleines en cette période de l'année. Nous aurons 3 jours de navigation: rdv assuré avec les étoiles, avec soi-même et notre intimité famililale
Voici l’épisode trois de Génésis : "La matière essaye une nouvelle façon d être, qui résiste au pouvoir dévastateur du temps: de minuscules bulles fermées, repliées sur elles-mêmes, qui inventent le dedans et le dehors, comme autant de mondes clos, plus petits que des grains de sable.Ce sont les premiers enfants de la vie.Si tu laisses tomber une goutte de lait dans l eau, tu verras apparaître un instant des formes régulières qui semblent vivantes mais ce n est pas la vie. La forme se dissipe progressivement et c est le chaos qui l emporte.Même la fumée sait créer des formes...qui s effacent aussi vite qu elles sont nées.La vie, c est une forme qui demeure, une forme en lutte contre le temps. Une forme qui dure en dépit de la loi universelle qui pousse toute chose organisée vers le désordre, le chaos... Plus étrange encore: une forme qui reste semblable a elle-même alors que la matière se renouvelle sans cesse.Ma bouche, ma langue, mes lèvres, qui te parlent, ont change continuellement de cellules depuis que je vis. Chaque heure du jour, des milliards d entre elles meurent et sont remplacées dans mon corps.Pourtant, je suis toujours moi, comme le fleuve reste le fleuve bien qu une eau toujours neuve coure dans son lit.Nous ne sommes pas des êtres de matière. Nous sommes des formes irriguées de matière, des rivières vivantes qui tracent leur cours sinueux dans l étendue du temps."
Publié à 04:06, le samedi 28 juin 2008, Cabo Frio Mots clefs : { Page précédente } { Page 14 sur 34 } { Page suivante } |
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