On the road again

Des baleines au rio Inferno de Bahia

 

Grandes courses clôturées ; au revoirs échangés,

  Sculpture de Christina Motta sur une place de Buzios approvisionnement d'eau effectué, Sylvana argentine, professeur de macramé des enfants, prend place à bord.  Nous voilà partis vers de nouvelles aventures.  L’Argentine viendra, donc, à nous, autrement.  Nous avions dù renoncer à porter les voiles jusqu’à  Buenos Aires.  La rencontre de ce pays sera autre ; à travers Sylvana, et son rire généreux. Elle nous partagera tout son amour pour son pays et sa fascination pour toute sa diversité.  Néanmoins, elle vit ici au Brésil, la vie en Argentine est trop incertaine pour elle.  La crise lui semble sans issue.

Nous partons avec elle, à la grande joie de nous tous.

 

Nous tendons les voiles direction la route des baleines, période à laquelle elles remontent du Sud pour mettre bas dans la région de  l’archipel d’Abrolhos.

Le vent du Sud nous porte à une moyenne de 7 à 8 nœuds ; la navigation de nuit est  une réelle partie de combat naval ; pouvoir louvoyer entre bateau de pêche non perceptible sur le radar ; cargo rejoignant à allure folle les plates-formes pétrolières et un vent arrière demandant des manœuvres délicates pour ne pas empanner.  Cela sera pour nous, trois nuits de quart intenses.

Nos batteries se rechargeront dans la fascination  pour le ballet de baleine à bosse. Nous serons au première loge. 

Un spectacle de ces pachydermes sortant de leur apesanteur pour s ‘éjecter de l’eau pendant quelques secondes et  percevoir la sensation des tonnes dont ils sont constitués.

                                     

Les baleines nous saluerons de leur queue, trancheront l’eau de leurs nageoires pectorales de plus de 5 mètres.  Quel spectacle sans fin.          

Arrivés aux îles Abrolhos, nous plongerons dans l’eau avec une sensation nouvelle, celle d ‘entrer dans l’univers de ces imposants mammifères marins, de les savoir non loin, de les rejoindre dans leur monde du silence, tout semble en intercommunication.  Si proche.  C ‘est palpitant.  Les enfants semblent ivres de ce spectacle.

A cela dauphins, tortues nous rejoindront.

Ballade sur terre auprès des abatobas. Petites scènes de vie.

Après 3 jours aux îles, nous reprenons la route vers Porto Séguro.  Les baleines sont avec nous. 

                                              

Elles nous escortent à pas moins de 20 mètres du bateau.  Baptiste aimerait devenir l une  d’elle.  Nous ne nous fatiguons pas de ce spectacle.

Quitter les îles d Abrolhos, c ‘est, aussi, voir au loin s’éloigner  un roc émergeant de l’eau. Le solide et le liquide. Nous, portés sur cet élément liquide, en mouvement, en route et si éphémère, lui restant figé au loin, imperturbable, ancré dans le temps de la Terre.  Des messages rappelant notre finitude et surtout  toute la valeur de la vie.

Nous aurons aussi une petite passagère s arrêtant toute confiante à bord : une chauve souris se pendant au hublot au dessus de la cuisinière ou venant s installer  à table avec nous, pendue au panier à fruit.  Elle semble  prendre le poul de notre ambiance familiale ;  orientant ses petites oreilles pour capter chaque des sons, sans crainte .Elle passera une journée avec nous.  Elle s’ en ira dans la nuit, peut-être rejoindre un autre équipage.  Nous nous imaginions écrire un livre sur les aventures de Pinocchio (prénom que nous lui avions donné, vu son nez péninsulaire) autour du monde : passagère clandestine sur  cargo, voilier ou barque.

Chaque jour, nous réserve des surprises. Plus justement, je dirai, ayant un esprit disponible, nous pouvons goûter pleinement à ces petites scènes de vie, à ces aventures sans prétention, inattendues se trouvant sur notre route.

Ce sont comme des petites perles que nous enfilons à notre collier ou plutôt à notre alliance familiale.

Nous ressentons aussi l’horloge biologique des enfants annonçant que juillet est le temps des vacances.  Hé oui, pour nos 4 matelots l école n ‘est pas encore terminée.

 

Les récréations ici se sont multipliées au rythme des sauts des baleines.  L’attention des enfants est continuellement porté au loin par l ‘environnement et  aussi par les autres élèves ; dans le sens où chacun travaille côte à côte sur un programme différent.  Si un déchiffre une partie d’histoire ou de conte pour une analyse de texte, je perçois les 4 plumes s’immobilisant,  dès la première question posée ; 4  voix s’élèvent  en cœur pour y répondent.

Nos sacrés bambins : tant pour Ghislain le monde des enfants peut parfois lui être à trop forte dose ; tant pour moi, c’ est vraiment à chaque fois une petite saveur de la vie, une raison d’ être là et surtout j y sens gonfler mon amour maternelle.

 

J écris ce passsage pour le blog en temps de quart de nuit; il est 1h00 du matin, l ‘équipage est endormi. C’est une face cachée du voyage, une face plus intime avec le ciel, les étoiles et  cette force invisible qu’est le vent.  Ma place favorite est à l ‘avant du bateau, enveloppée dans un châle, j ‘observe ce bateau en route ; glissant sur l’eau, le mat grinçant ; les clapotis de l’eau sur les pointes avant ; tout semble glisser l’air, le bateau, le silence et soi-même.  C’est vraiment une rencontre avec les éléments de la nature, ensemble. Ces éléments sont mon équipage de nuit : eau, vent, ciel et bateau.  Nous sommes 5 et je suis la comme la médiatrice, tendant les voiles, les adaptant à ce que la vent nous apporte, orientant le bateau au sens des vagues.  Ah combien j’aime cette rencontre là.  Cela n appartient qu à soi-même ; un secret, une vie juste entre soi et la nature, aucun autre spectateur.  Les étoiles sont des gardiens indiquant le temps, sans le tic tac de l’horloge. Elles viennent suspendre le temps humain ; retirer le voile de l’illusion d’un temps qui court.  Le temps n ‘est pas là.  Il est simplement un trait d’union entre les hommes, entre les expériences, les gestes ; les étreintes, les souffles, les mots.  Tout devient relatif,

La voile m ‘offre cette double vie.  Je savoure chacune d’elles deux.  Elles sont chacune un plateau de ma balance intérieure.

Après 3 jours de navigation, nous rejoignons Porto Seguro, guidé, fort heureusement, par un pêcheur.  Porto Seguro étant protégé par une barrière de corail, notre entrée sera délicate   avec pas plus de 1m50 de fond à certain endroit.

Porto Seguro est à 16 km au sud du lieu où Pedro Cabral a officiellement débarqué pour la première fois sur le sol brésilien en 1500.

En date d’aujourd’hui, Porto Seguro sera, pour nous, un aurevoir à Sylvanna, une visite de la ville historique surplombant de ses falaises la mer, des ballades au centre ville, les enfants jouant sur la place public, un repas dans une maisonnette  familiale où finalement les enfants y resteront toute l’après midi avec les trois générations de pêcheurs, affalés, comme chez soi, dans le salon entouré de la grand mère, du petit fils et des parents. Pendant ce temps là, Ghislain et moi, nous profitons d’un temps à deux. Evidemment il prend la forme de courses, d’un temps cyber-café et pour moi m’arrêter chez un coiffeur, chez une petite mère, comme je les nomme. Etant toujours itinérant, la relation à la mère, à une relation intergnérationelle se niche dans un regard, un geste partagé avec une femme d’un age certain, au visage sage.  A Porto Seguro, c’était Monica, dans son salon, elle m’a redonne, d’un coup de ciseau habile, un nouveau look.  C’était bon d’être entre ses mains, de partager cette rencontre fugace, ces échanges de regards indirectes dans le miroir. Pendant quelques minutes, elle viendra mettre ses talents et prendra soin de moi avec une attention maternante. Baptiste me dira : «  tu es devenue une jolie fillette, maman ».

Départ de Porto Seguro à la tombée de la nuit, navigation délicate, à nouveau, avec peu de fond pour tombée dans une mer forte, avec des vagues courtes, et des creux profonds  Le vent se forcit.  Les quarts sont sportifs, physiques, sans assoupissement possible.  Au petit matin, nous devons absolument reprendre un deuxième rie, difficile avec des creux si profonds (presque 5 mètres) et  une moyenne de 30 nœuds de vents.  Est-ce possible de le prendre sans se mettre face au vent.  Des essais.  Et non, il faut affronter les vagues de face.  Une  navigation musclée.  L’arrivée à Morro de Sao Paolo sera, tout particulièrement pour Ghislain, une victoire et aussi un apaisement   Combien c’est bon d’être à l’abri, de se retrouver à nouveau enlacée dans les bras de mer de notre généreuse terre.  D’être à la fois porté par l’eau et éveillé par le chant des habitants des mangroves.

Combien le silence est devenu le tableau de fond de notre quotidien.  Il est le lien entre les mots, entre lui et moi, entre les chants des oiseaux, un morceau de musique, le paysage. Bien plus même,  il nous lie à ceux qui nous sont chers, d’ici ou là-bas.  Rien semble être séparé. Tout est lié.

 

                                                   

Se retrouver dans ces Rios, pénétrer les terres, jeter l’ancre au milieu du vert, là où le vert et le bleu se rencontrent, s’entrelacent, là où le bleu se plonge par un jeu de reflet et de lumière dans le vert.  Quel bonheur.  Ghislain s’aventure dans un livre (« L’Abyssin » de Jean-Christophe Rufin, un homme de plume et de culture), les enfants et moi, sautons, rions, nageons dans cette eau de terre et de sel.  C’est aussi le WE.  Le WE nous le savourons, chacun le mérite.  Juste être là. .  La magie de ce voyage est aussi s’éveiller en ne sachant pas tout ce qui est à vivre aujourd’hui et, le soir, nous nous endormons avec des nouveaux visages en nous.

Ces 5 jours dans ces Rios seront des ballades dans les mangroves, la visite de quatre  villages à l’atmosphère moyenâgeuse, Gamboa,Cairu, Boipeba et Galeoa A notre passage, le telephone sur la place public sonne. Telephone communautaire.

 Facade de coquillage. 

Nous semblons plonger dans le décor du film de Paraty qui, ici, est bien réelle, les rues sont de sables, les transports de marchandises se font à dos d’homme, pieds nus ou à dos de mule, les peaux sont plus noirs, les vêtements décolorés au brun dominant.  Il y émerge un climat tranquille ; enfants, vieillards, pêcheurs palabrent dans la rue.

A Cairu, Flavio, un petit bonhomme de 10 ans, aux cils papillon, sera notre guide. Il nous emmènera au Monastère Saint Antoine, bijou du 18 ième siècle, céramiques et boiseries de toute splendeur. 

 

 Nous nous arrêtons sur l’île de Tinharé : 12-13 familles y vivent, nous pénétrons le village. D’un côté du hameau, les hommes sont rassemblés, de l’autre, sous un arbre, femmes, enfants chuchotent, rient sous cape tout en se passant un bébé d’un bras à l’autre. 

 

 Et, nous sommes là, observant les scènes de vie, prenant un verre comme prétexte, juste pour pouvoir s’asseoir chez eux, s’arrêter un instant dans leur vie, avoir la permission d’être des leurs.

Nous terminerons dans un petit restaurant flottant avec trois pêcheurs entonnant avec bâton, tonneau et guitare des chants bahiais. Un restaurant peut vous paraître anodin, pour moi, je vous l’assure c’est une fête.

ah, combien j'aime ces pêcheurs....

 

La navigation sur le Rio est délicate.  Elle ne s’improvise aucunement.  Tout d’abord, elle n’est possible qu’en Catamaran, pirogue ou bateau moteur, à marée haute. Nous aurons sur 30 miles de Rio plus de 70 waypoints que nous suivrons scrupuleusement  Plus de trois fois, nous n’aurons pas plus de 10 cm sous la coque et même moins….  Travail d’équipe dans un cadre de pure merveille.

 

 

 

 

Difficile de quitter ces rios pour retourner à Salvadore où nous devons y faire une halte technique ; réajuster certains aménagements, hélice annexe, biminis, coussins, …..Nos visas pour le Brésil expirent en date du 22 août.

Les navigations à venir seront  plus longues, pour le mois à venir un peu moins de  2000 milles nous attendent avec des points de chutes plus incertains, peu de navigateur s’arrêtent au Nord du Brésil et en Guyane.A vous, profitez pleinement de ce temps de vacances, qu’il y ai du vacant, du silence et des découvertes.

 

 

                                        

   

Génésis 4

 "La vie est un tourbillon qui entretient son propre mouvement encore et encore…La vie avait tout l’océan pour elle et pendant trois milliards d’années, elle s’en contenta.  Mais pour le mouton, l’herbe semble toujours plus verte au delà de la clôture… et au delà des rivages s’étendait le monde vierge des terres émergées.C ‘est ainsi que les poissons ont pris le goût au paradis terrestre… et que naquirent les animaux à pattes…Alors la Terre se couvrit de créatures et des millions de griffes, d’ongles, de sabots foulèrent le sol des continents… »  


Publié à 08:46, le vendredi 25 juillet 2008, Salvador de Bahia
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Commentaire sans titre

11:52, dimanche 27 juillet 2008 .. Publié par Cecilia
Couleurs, saveurs délicieuses. Le bonheur éclatant qui se lit sur vos visages fait chaud au coeur. Merci pour ce récit Nathalie, je te retrouve tant dans tes écrits.
Je vous embrasse bien fort tous les 6
Cecilia (+ Jay, Alex et Marc !)


geomoneves@hotmail.com

18:44, vendredi 27 février 2009 .. Publié par Monica
Queridos amigos nos encontramos em Semuc Champey, sou Monica, Brasileira do Rio de Janeiro, lembram do samba??? Como vcs estão e os petits estao bem??? Espero aqui em Belo Horizonte!

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